De la vérité
Interprétation et mise en corrélation libres de l’Évangile selon St. Matthieu ("Le semeur" et "Interprétation du semeur") & des Méditations métaphysiques de Descartes.
La vérité s’en va chaque matin à notre rencontre, assis au bord du chemin nous faisons sa connaissance ; les oiseaux du ciel également. À nous les hommes, elle reste et nous parle, nous sommes alors comparables à trois personnes :
Le premier a une oreille de pierre, où il n’y a guère de resonance ; La vérité qui, pareille à des grains s’est levée en lui, mais parce qu’il n’y avait pas de terre en profondeur le soleil étant monté, il a été brûlé et, faute de racines, il a séché. Tel est le sort de celui qui a été ensemencé en des endroits pierreux, entendant la vérité, la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas en lui de racine, il est – l’homme d’un moment - : dès que vient la détresse ou la persécution à cause de la vérité, il se cache, pour tomber.
Le deuxième a une oreille spinescente, car il est dit que d’autres grains sont tombés dans les épines mais le souci du monde et la séduction des richesses l’ont étouffé.
Le troisième qui reçoit la vérité est comparable à la bonne terre, alors il donne du fruit ; celui qui entend la Parole et la comprend.
Et lorsque nous pensons Descartes dépeindre ce tableau dans ses méditations métaphysiques :
"Mais ce dessein est pénible et laborieux, et une certaine paresse m’entraîne insensiblement dans le train de ma vie ordinaire. Et tout de même qu’un esclave qui jouissait dans le sommeil d’une liberté imaginaire, lorsqu’il commence à soupçonner que sa liberté n’est qu’un songe, craint d’être réveillé, et conspire avec ces illusions agréables pour en être plus longuement abusé, ainsi je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions, et j’appréhende de me réveiller de cet assoupissement, de peur que les veilles laborieuses qui succéderaient à la tranquillité de ce repos, au lieu de m’apporter quelque jour et quelque lumière dans la connaissance de la vérité, ne fussent pas suffisantes pour éclaircir les ténèbres des difficultés qui viennent d’être agitées."
Rappelons-nous ces cinq derniers instants, séquencés autour de cinq nouvelles invitations, "Entende qui a des oreilles."
Elie Khoury
La Gerap



